Quatre mots employés comme des synonymes, sept endroits où une donnée peut fuir, et ce que l'installation sur place règle vraiment.
La sécurité d'un système d'intelligence artificielle ne se juge pas à son lieu d'exécution mais à la chaîne complète que suit une donnée : saisie, transport, traitement, conservation, réutilisation éventuelle pour l'entraînement, journaux techniques et personnes ayant accès à l'infrastructure. All-in Solution distingue ici quatre notions souvent confondues, local, sur site, souverain et privé, et situe ce que chacune règle.
Quatre adjectifs circulent dans les documentations comme s'ils étaient interchangeables : local, sur site, souverain, privé. Ils répondent à quatre questions distinctes, et une offre peut satisfaire l'une sans satisfaire les autres.
Les séparer est le seul moyen de savoir ce qu'une promesse couvre, et sur quoi elle repose : un schéma technique, une clause contractuelle, ou rien de vérifiable.
Où le calcul a-t-il lieu ? Le modèle s'exécute sur une machine du réseau interne. Le mot ne dit rien de son propriétaire ni de sa protection.
À qui appartient le matériel, et où est-il posé ? Un équipement peut être local sans être le vôtre, s'il est loué et administré à distance.
Quel droit s'applique, et quelle autorité peut exiger un accès ? La question est juridique avant d'être géographique : la nationalité de l'exploitant compte autant que l'adresse.
Qu'a promis le fournisseur ? Instance dédiée, absence de réutilisation, effacement à l'échéance. Des engagements écrits, qui se vérifient dans un contrat, pas dans une architecture.
Une information soumise à un système d'intelligence artificielle traverse une suite d'étapes, et chacune l'expose autrement. Une chaîne vaut son maillon le plus faible, jamais la moyenne de ses maillons.
Ce que la personne dépose dans la fenêtre. Un dossier entier collé pour une question de trois lignes sort en totalité. Aucun dispositif technique ne rattrape cet excès en aval.
Le trajet du poste de travail vers le serveur qui calcule. Chiffré chez les fournisseurs sérieux, il est rarement le maillon faible, mais il traverse des équipements que vous n'administrez pas.
Pour être calculée, une requête est déchiffrée. À cet instant, elle est lisible en mémoire sur une machine dont vous ignorez les administrateurs et la configuration.
Les échanges sont gardés et affichés dans une interface. Ils deviennent accessibles à qui dispose du compte, entrent dans les sauvegardes et survivent au départ de leur auteur.
Conserver n'est pas réutiliser : c'est une question distincte, réglée par une clause et parfois par un paramètre de compte. Ce qu'un modèle a absorbé ne se retire plus.
Traces de requêtes, mesures contre les abus, relevés d'incident. Ils existent partout, installation interne comprise, et se conservent souvent plus longtemps que les conversations.
Exploitants, support, sécurité, maintenance, infogérance. Aucune architecture ne referme ce point seule : il se traite par les droits attribués, leur revue et leur journalisation.
Elle traite le deuxième et le troisième point. La sortie du réseau disparaît, et le calcul cesse d'avoir lieu chez un tiers. Le cinquième s'éteint par voie de conséquence : personne d'extérieur ne recevant les contenus, aucun modèle externe ne s'en nourrit.
Elle laisse les quatre autres entiers. Le premier, le quatrième, le sixième et le septième se posent dans les mêmes termes sur un serveur qui vous appartient. Trois méritent d'être nommés.
Un modèle branché sur vos dossiers ignore qui a le droit de lire quoi. S'il indexe un partage, il répondra à quiconque l'interroge, pièces réservées comprises.
Le geste reste le premier point d'entrée. Un document déposé dans le mauvais outil, un passage recopié sous un autre onglet : le lieu du calcul n'y change rien.
Historiques et index se sauvegardent comme le reste. Une sauvegarde expédiée vers un stockage en ligne fait ressortir du bâtiment ce que l'installation devait y retenir.
Ce sont deux décisions différentes. Héberger en Suisse, c'est confier des données à un exploitant dont les machines se trouvent sur le territoire. Installer sur place, c'est ne les confier à personne.
Ce que la localisation apporte est d'ordre juridique : le droit applicable, le tribunal compétent en cas de litige, les conditions dans lesquelles une autorité peut réclamer un accès. Ces garanties comptent depuis l'entrée en vigueur de la loi fédérale révisée sur la protection des données, le 1er septembre 2023.
Ce qu'elle n'apporte pas se lit dans la liste ci-dessus : traitement, historiques, journaux et administrateurs restent ceux d'un tiers. La structure de l'exploitant pèse d'ailleurs autant que l'adresse de ses serveurs, une société pouvant recevoir des demandes venues d'un autre ordre juridique sans qu'aucune machine ait bougé. Laquelle des deux options convient à une entreprise donnée est un arbitrage, exposé du côté des pages consacrées à l'IA locale.
Elles valent pour un service en ligne comme pour un intégrateur, et leurs réponses s'écrivent. Une assurance donnée au téléphone n'engage personne.
Demandez le pays et l'entité qui exploite les machines, pas le nom commercial du service. Demandez ensuite quels sous-traitants interviennent : la chaîne compte souvent plus d'un maillon.
Séparez ce que vous soumettez, ce que le système produit et les journaux techniques : les durées diffèrent. Une durée se chiffre, elle ne se décrit pas comme « le temps nécessaire ».
La réponse varie souvent entre l'offre grand public et l'offre professionnelle d'un même éditeur. Demandez si le refus est la valeur par défaut et s'il s'impose aux sous-traitants.
Faites énumérer les catégories de personnes : exploitation, support, sécurité, maintenance. Demandez si ces accès laissent une trace et si vous pouvez l'obtenir.
Deux éléments à faire écrire : sous quel format vous récupérez vos contenus, et sous quel délai copies, sauvegardes et index sont détruits. Une réponse évasive est déjà une information.
Non. Local décrit le lieu du calcul, souverain le droit applicable aux données et l'autorité susceptible d'en réclamer l'accès. Un système peut être local sans être souverain, et hébergé dans un pays sans relever du seul droit de ce pays.
Il fixe le droit applicable et la juridiction compétente, ce qui est utile mais partiel. Le traitement, les historiques, les journaux techniques et les accès des administrateurs demeurent chez l'exploitant et s'examinent séparément.
Cela ne se devine pas depuis l'interface. La réponse figure dans les conditions d'utilisation et dans les réglages du compte, et diffère souvent entre la version gratuite et la version professionnelle d'un même service.
Cette page décrit des mécanismes, pas des obligations. Ce que la loi impose à qui traite des données personnelles relève de la page IA et protection des données.
Elle ne fixe pas davantage le niveau de protection convenable pour une organisation donnée : les obligations d'un cabinet médical et celles d'un atelier de menuiserie n'ont rien de comparable. Les termes techniques employés ici sont définis sur la page intelligence artificielle, les plus rares dans le glossaire.
Page rédigée par Margot Allin, fondatrice d'All-in Solution. Ces repères ne constituent pas un conseil juridique et ne remplacent pas l'examen d'une situation particulière.