Un mot unique recouvre des techniques très différentes : voici lesquelles, ce qu'elles font, et ce qu'elles ne font pas.
L'intelligence artificielle désigne un ensemble de techniques distinctes réunies sous un seul mot. On distingue utilement les systèmes qui classent ou prédisent à partir d'exemples et les systèmes génératifs, qui produisent du texte, de l'image ou du code. All-in Solution rassemble ici les définitions et les repères chiffrés nécessaires pour lire le sujet sans exagération ni méfiance excessive.
L'expression « intelligence artificielle » a été forgée par des chercheurs pour nommer un champ d'études, pas un produit. Elle sert aujourd'hui d'étiquette commune à des procédés qui n'ont presque rien en commun : un filtre anti-spam et un assistant conversationnel n'ont ni le même fonctionnement, ni les mêmes limites.
Le terme est trompeur pour une seconde raison : il emprunte au vocabulaire humain. « Intelligence », « apprentissage », « compréhension » décrivent des opérations de calcul par analogie, et l'analogie fausse le raisonnement dès qu'on la prend au pied de la lettre. Une bonne part des malentendus vient de là.
Pour une entreprise, la séparation qui compte est celle des usages. D'un côté, des systèmes entraînés à ranger : ils reçoivent un message, une image ou une ligne comptable et rendent une catégorie ou une valeur. Ce document est-il une facture ? Ils équipent les logiciels de gestion depuis longtemps, sans que personne les appelle de l'IA.
De l'autre, les systèmes génératifs : ils ne choisissent pas parmi des catégories prévues, ils fabriquent un contenu nouveau, texte, image, son ou code, à partir d'une consigne en langue courante. C'est cette famille qui a bouleversé l'usage ordinaire à partir de 2022, quand les assistants conversationnels sont devenus accessibles à quiconque disposait d'un navigateur.
La conséquence pratique : un système qui classe se trompe de façon mesurable, un système génératif rend un résultat qu'il faut lire pour juger.
Un modèle de langage ne renferme aucune base de connaissances consultable. Il ne cherche pas votre question dans un index et ne recopie aucune fiche. Il a été ajusté, sur d'immenses quantités de textes, à une tâche unique : étant donné un début, composer la suite la plus plausible.
Ce mécanisme explique à la fois sa fluidité et son principal travers. Visant la vraisemblance et non l'exactitude, il énonce avec la même assurance une information juste et une information fausse : une référence légale qui n'existe pas, un auteur crédible attribué au mauvais ouvrage. Rien dans le procédé ne sépare les deux cas.
Conséquence peu commode : ce n'est pas un défaut qu'une mise à jour corrigera. Les versions successives réduisent la fréquence des erreurs sans en changer la nature, puisque composer une suite plausible est ce que ces systèmes sont faits pour faire.
Le fichier issu de l'entraînement : un ensemble de paramètres numériques, non des textes lisibles. C'est lui que l'on installe ou que l'on interroge à distance.
Le calcul, long et coûteux, qui ajuste les paramètres à partir des données. Il a lieu avant la mise à disposition, pas pendant vos questions.
L'ensemble des textes, images ou enregistrements utilisés pour l'entraînement. Sa composition détermine ce que le modèle produira, ses angles morts compris.
La quantité de texte prise en compte en une fois, question et documents inclus. Au-delà, les éléments les plus anciens cessent d'être considérés.
La consigne que vous rédigez : non une commande, mais un début de texte que le modèle prolonge, d'où sa sensibilité à la formulation.
Une affirmation fausse énoncée avec le même aplomb qu'une affirmation exacte. Le mot est mal choisi : c'est le fonctionnement habituel appliqué à ce que le modèle ne sait pas.
Un bref complément d'entraînement sur des données propres à un métier, pour ajuster le ton ou le vocabulaire d'un modèle existant. Aucune faculté de vérification ne s'y ajoute.
Le calcul effectué à chaque réponse, une fois le modèle entraîné. Il a lieu sur un serveur distant, ou sur une machine de l'entreprise dans le cas d'une installation locale.
Au printemps 2025, l'Office fédéral de la statistique a mesuré que 43 % de la population résidente de 15 à 88 ans avait utilisé une application d'intelligence artificielle générative. Ce taux place la Suisse au 3e rang européen, derrière la Norvège (56 %) et le Danemark (48 %).
L'écart entre générations est la donnée la plus parlante : 79 % chez les 15-24 ans, 66 % chez les 25-34 ans et 28 % chez les 55-64 ans, selon la même mesure. Dans une même équipe cohabitent donc des personnes pour qui ces outils sont un réflexe et d'autres qui ne les ont jamais ouverts.
Ces relevés mêlent usages personnels et professionnels, et ne disent pas ce que les entreprises ont autorisé : l'outil entre souvent par la pratique individuelle avant toute décision interne. Les questions que soulèvent les informations ainsi transmises sont traitées sur la page consacrée à l'IA et à la protection des données.
Il met en relation des formes de langage, sans représentation de ce dont il parle. Une phrase exacte et une phrase absurde lui coûtent autant.
Aucune étape du calcul ne confronte le résultat à une source. La cohérence d'un texte n'est pas un indice de son exactitude.
Il cherche au contraire à satisfaire la demande qu'on lui adresse, quitte à inventer une réponse plausible plutôt que d'admettre qu'il ne sait pas. Son ton assuré relève du style, jamais d'un degré de certitude : une invention et un fait vérifié sont formulés exactement de la même manière.
Il ne dispose d'aucune mesure de sa propre incertitude et ne peut donc pas signaler qu'il quitte le terrain de ce qu'il sait.
Ces définitions ne disent rien du cadre légal suisse, traité sur la page IA et droit. Les termes plus rares sont réunis dans le glossaire.
Elles ne disent rien non plus de ce qu'il convient de faire dans une organisation donnée : selon les tâches, la réponse raisonnable va de l'automatisation d'une routine quotidienne à l'abstention pure et simple.
Page rédigée par Margot Allin, fondatrice d'All-in Solution. Ces repères ne constituent pas un conseil juridique et ne remplacent pas l'examen d'une situation particulière.